Los aves de
Barlovento
Après une courte navigation de 35 milles, tout d’abord à la voile à la vitesse fulgurante de 2.5 nœuds par manque de vent, puis au moteur, nous arrivons en vue des Aves. Nous comprenons très vite que c’est l’île aux oiseaux ! Notre Rapala a pêché un fou ; les Anglais l’appellent booby : nigaud… Nous le ramenons à bord tout doucement car à chaque coup de moulinet, l’oiseau va sous l’eau… Finalement, notre leurre n’a pas fait trop de dégâts : l’oiseau s’en sort seulement avec une plume sectionnée et une éraflure à la patte.
Le paysage que nous découvrons est magnifique : de grands arbres servent de nichoirs et de dortoirs à des milliers d’oiseaux, en majorité des fous blancs ou marrons à pattes rouges et bec bleu.
La fréquentation de cette île par les navigateurs est
impressionnante ! Nous comptons 19 bateaux abrités par l’île du sud… Dire
que nous avions songé être seuls !
Nous retrouvons l’équipage de Chamicha que nous avions croisé trois ans auparavant. Il nous convie à un apéro sur la plage. Le principe est simple : tous les bateaux du mouillage se réunissent à 18 heures autour d’un feu où on peut brûler ses poubelles (certains bateaux sont là depuis plus d’un mois et les poubelles à bord sont source de mauvaises odeurs et d’insectes indésirables), chacun amène ses boissons et quelque chose à grignoter… Nous sommes donc sept bateaux français à boire l’apéro ensemble. Nous passons une très bonne soirée ! Le retour au bateau de nuit, sans lune, en évitant les patates de corail affleurantes est un bon moment aussi !
Tous les bateaux de passage vont déposer une sculpture au « mausolée des navigateurs » ; L’équipage de Galinette fait son œuvre : une gorgone, un demi-bambou, une noix de coco et le tour est joué ! En regardant de plus près, nous connaissons pas mal de bateaux : Orphée, Cercamon, Café liégeois, Symi, Chamicha…
Après trois jours sur l’île sud, nous changeons de mouillage et allons nous exiler avec Eol sur l’île ouest. La courte navigation nous gratifie d’une superbe carangue de 5 kg prise à la traîne grâce à notre super rapala rouge.
La baie est magnifique, l’eau turquoise… Nous sommes seuls ! Mais la nuit tombée, nous comprenons pourquoi : ce mouillage s’avère très rouleur…
Des pêcheurs ont édifié des abris en coraux pour s’abriter du vent. Les enfants ont leur cabane toute trouvée…
De nombreux oiseaux nichent sur cette île tranquille. Nous découvrons des nids, à même le sol. Ils ne contiennent pas de poussins, seulement des œufs. Nous restons deux jours et partons pour los Aves de Sotavento.
Los Aves de
Sotavento
Après 15 milles au portant, nous atteignons cet autre archipel et ancrons près de l’îlet Palmeras. Comme ces îles sont planes et très peu élevées, nous avons une vue dégagée sur tout l’archipel. Et seulement deux bateaux sont en vue : Eol et Galinette. L’archipel est à nous… et aux gardes- côtes très sympas qui viennent nous contrôler.
Deux d’entre eux montent à bord et vérifient nos papiers. Puis d’un air gêné, ils nous demandent si nous avons de l’eau, car ils viennent de trouver un rat mort dans la cuve principale de leur casernement. Ils attendent impatiemment que le ravitailleur de l’armée vienne les dépanner. Ils sont 15 gardes à vivre pendant 6 semaines sur cette île. Après 15 jours de congés à terre, ils reviennent ici. Nous leurs donnons une cinquantaine de litres d’eau et des antibiotiques car l’un d’eux présente un abcès.
Pour les deux derniers jours aux Aves nous choisissons l’îlet Curricaï sur lequel campe une poignée de pêcheurs. Ils ont planté quelques cocotiers, installé un groupe électrogène et une parabole !
Ils viennent tout juste d’adopter deux petits chiens trouvés à côté du dessalinisateur de Gran-Roque. Le male est resté au campement pendant la pêche et il passe l’après midi avec nous. Nous devons le ramener à ses maîtres avant d’embarquer car il ne veut plus nous lâcher !
Le 6 octobre au matin, départ pour Bonaire car il faut ravitailler et tenter de récupérer les cours d’anglais que le CNED a dû mettre en ligne.
Nous devrions normalement nous rendre sur le continent vénézuélien pour signaler notre départ aux autorités mais cela implique un détour de 200 milles dans une zone qui n’est pas réputée très sure en ce moment. Nous tenterons d’expliquer cela aux autorités du pays suivant…
