Nous sommes toujours à la recherche de gasoil, il n’y en a pas ici et au matin nous continuons la route vers Isla Linton (ou puerto Lindo, nom américain), on nous a assuré que l’on y trouverait ce précieux liquide. Nous rasons la côte jusqu’à cette baie, slalomant entre plusieurs îles et, miracle, nous apercevons une cuve d’hydrocarbure près de la plage !
Le pompiste est absent car c’est ici la fête des mères, jour férié. On se rabat donc sur le petit restau en bord de mer célébrer l’évènement… Sandra aura eu deux fêtes des mères cette année.
L’île Linton est privée et abrite plusieurs singes. Trois d’entre eux guettent les navigateurs qui pourraient les nourrir, à proximité d’un petit ponton de bois. En annexe, à bonne distance du bord, les enfants sont très contents de lancer une banane à chaque primate. Nous profitons de leurs singeries un bon moment avant de les laisser tranquilles.
Le lendemain, après plusieurs va-et-vient avec des bidons pleins
de gasoil, nous continuons la route jusqu’à Portobelo. On doit se rendre au
bureau de l’immigration qui s’y trouve car cela fait un mois que nous sommes
dans le pays, sans visa… et sans contrôle non plus…
Après plusieurs attaques de la
baie « Nombre de Dios », les colons espagnols ont transféré ici, au XVIème
siècle, le port de départ des galions. Les richesses d’Amérique Centrale et du
Sud étaient regroupées ici avant leurs expéditions vers l’Europe via Cuba. Les
pirates rodaient dans les parages mais étaient arrêtés par les fortifications.
Selon la légende le célèbre Francis Drake serait mort ici et son corps aurait
été jeté à la mer près de l’îlet qui porte aujourd’hui son nom.
Les murailles qui subsistent sont
classées par l’UNESCO mais sont malheureusement en piteux état. Le climat
tropical très humide et les intempéries n’arrangent rien : la mousse
envahit chaque pierre, chaque façade ; le village actuel est lui aussi
très abîmé. La population est très accueillante et on trouve ici trois
supérettes asiatiques qui proposent de la viande et toutes sortes de denrées
qui nous faisaient défaut. Il y a aussi des retaurants, c’est presque l’opulence !
La vaste baie est très fréquentée par les voiliers, certains y sont depuis des mois, attendant de passer le canal de Panama vers le Pacifique ou la fin de la saison cyclonique dans la mer des Caraïbes. Luxe suprême, on trouve à 100m du quai à annexes une Panaderia ; boulangerie délicieuse qui nous dispense de la fournée quotidienne à bord. Rapidement, des « voileux » nous informent de l’autre possibilité d’avitaillement du coin : il suffit de prendre un bus pour Colon, de s’arrêter à Sabanitas au bout de 45 minutes pour trouver le centre commercial El Rey, digne de nos supermarchés européens avec des prix divisés par deux ! Les bus très typiques et les taxis jaunes permettent de se déplacer aisément dans le pays pour quelques dollars. Nous profitons de cette opportunité pour laisser le bateau au mouillage et nous rendre à Panama City, la capitale en bordure du pacifique.
Nous trouvons un hôtel très
abordable, « l’hôtel California » en plein centre, avec une salle de
sport et un Jacuzzi sur le toit. Notre séjour dure trois jours, les enfants
n’ont pas école et appellent ça les vacances de Noël !
La capitale est impressionnante par ses buildings. Cette ville contraste réellement avec le reste du pays : l’empreinte des américains est très présente, il n’y a qu’une décennie qu’ils ont abandonné le canal aux panaméens. Comme c’est la période des fêtes, de nombreuses décorations gigantesques (et sponsorisées) fleurissent sur le front de mer.
Le Casco Viejo mérite la visite, il s’agit du quartier historique, siège aujourd’hui des principales administrations, du théâtre, du palais présidentiel… Quartier plus récent, le brise lame qui protège l’accès du canal à sa sortie dans l’Océan Pacifique est aménagé en promenade. De là, on bénéficie d’une vue imprenable sur la ville moderne et sur le pont des Amériques.
On y trouve un institut de recherche qui présente
quelques espèces sauvages du pays dont ces paresseux en liberté dans le parc.
Beaucoup de voiliers qui viennent de traverser l’isthme sont ici
au mouillage, avant de partir pour de plus longues navigations vers les
Galápagos, la Polynésie…
Galinette est resté sagement en Caraïbes et nous le rejoindrons demain en longeant le canal en train car, même si nous ne la franchissons pas, nous souhaitons avoir un aperçu de cette importante voie de navigation.
La terrasse du centre de visite des écluses de Miraflores où l’on se rend avant de quitter la capitale donne d’ailleurs une masse d’informations sur le fonctionnement, la construction et l’avenir du canal de Panama dont la taille des écluses va être prochainement augmentée. Les bassins actuels ne permettent pas le transit aux cargos dépassant 294m de long ou 32m de large. La machinerie et les manœuvres des portes d’écluses sont époustouflantes, bien loin de ce que l’on observe près de chez nous sur le canal du midi !!!
Sur la route du retour, malgré le temps pourri que l’on subit depuis notre arrivée en Amérique centrale, une étape à Sabanitas nous permet de faire d’énormes achats alimentaires en prévision des fêtes de fin d’année.
Le 20 décembre nous fêtons les 7 ans de Lilian. En attente d’une météo correcte qui nous permettra de rejoindre les îles colombiennes de San Andrès et Providencia, nous restons au mouillage à Portobello. Le sapin est prêt et nous espérons tous que le père Noël nous trouvera !