Du 10 au 18 mars 2009

La pleine lune éclaire notre dernière nuit à Antigua. Au
lever du jour, nous mettons le cap sur Barbuda, qui fait partie du même pays.
Nous profitons de la faiblesse de l’alizé pour rallier cette île située très à
l’est sur l’arc antillais, ce qui fait que cet îlot corallien est moins
fréquenté par les plaisanciers.
La navigation traîne en longueur et n’est pas des plus agréable. Au bout de huit heures, nous sommes récompensés par la prise d’un thazard et d’une bonite. La présence de Philippe, notre conseiller halieutique, y est peut être pour quelque chose ?
L’atterrissage sur cette île est particulier car sa faible
altitude ( 60 mètres) en fait une cible peu visible.
Un banc de dauphins nous guide finalement vers Spanish Point, zone classée réserve marine située au
sud est de Barbuda. La navigation se fait à vue dans ce secteur pour éviter les
patates de corail et les bancs de sable.
Le paysage est à la hauteur de nos espérances ! Cela nous rappelle les eaux limpides et poissonneuses du Venezuela. Le corail est bien préservé et de nombreuses espèces de poissons peuplent ces fonds.
La cote de Barbuda est dessinée par des plages de sable
blanc et de cocotiers. Trois complexes hôteliers très haut de gamme ont élu
domicile dans ce coin de paradis. Les vigiles veillent attentivement à ce que
leurs clients fortunés ne soit pas importunés par des intrus.
Nous passons deux
jours à Cocoa Point devant l’un de ces
« resort’s ». L’établissement
possède même son aérodrome privé où
atterrissent quelques jets quotidiennement.
En fin de journée, nous tentons une intrusion dans le jardin
gigantesque…celle-ci se solde par l’arrivée d’un gardien, très poli, qui nous
reconduit à la plage, en nous expliquant que seuls les clients de l’hôtel ont
ce droit d’accès.
Les plages sont magnifiques, avec une eau aux bleus
indescriptibles, digne de la carte postale. Mais nos arrivées en annexe sur ces
plages paradisiaques prennent ici des allures d’expédition car de gros
rouleaux, formés par la houle, viennent se briser sur le sable. A plusieurs
reprises, nous sommes submergés et notre annexe se remplit d’eau.
Le sac étanche est ici très utile pour conserver nos
affaires au sec !
Plus au nord, un autre complexe résidentiel est abandonné à la végétation. Probablement que la rentabilité n’était pas au rendez-vous. Nous y passons l’après-midi, s’imaginant être les propriétaires du site…Lilian se crée un boulodrome où les boules de pétanque sont des noix de coco, et Elsa se fabrique une hutte en palmes. Les adultes, eux, restent subjugués par la palette de bleus que nous offre la mer des Caraïbes.
Le temps se gâte un peu et nous nous rapprochons du mouillage de Martello Tower, à proximité du débarcadère des barges qui desservent l’île. Un habitant nous a conseillé cet abri. L’endroit est finalement peu accueillant, des coraux perfides hérissent le fond de la baie. Galinette est ancré loin de la plage, soumis à la houle,aux grains et aux vents forts. Nous sommes malmenés durant toute la nuit et nous levons l’ancre dès le lendemain matin, n’osant pas quitter le bateau en annexe pour nous rendre sur la plage tant les conditions sont mauvaises.
La côte ouest de Barbuda est encombrée de nombreux bancs de sable et c’est à tâtons, zigzaguant entre les brisants que l’on se dirige vers Codrington. C’est la seule ville de l’île et elle porte le nom de la famille qui a dirigé l’île pendant des décennies, vivant d’élevage et de la vente d’esclaves.. Elle regroupe la quasi-totalité de la population soit 1500 habitants. Cette grosse bourgade est implantée sur la rive du lagon et n’a pas d’accès direct sur la mer. Pour y accéder, nous suivons les conseils de notre guide nautique et débarquons sur la magnifique plage de Low bay, longue de 12 kilomètres…et déserte. Ensuite, il faut traîner l’annexe et tout son contenu, le moteur, le réservoir par-dessus le cordon dunaire pour accéder au lagon. Sandra est bien contente de la présence de Philippe lors de telles expéditions physiques…
Il ne reste plus que trois quarts d’heure de navigation avec
le moteur hors-bord pour accéder à la
capitale. Nous sommes épuisés, d’autant plus que le retour réserve les mêmes
réjouissances. Ce passage à la ville nous est imposé par les formalités
administratives de sortie du territoire d’Antigua et Barbuda.
Le village, aux rues de sable est très surprenant :
très peu de commerces, plusieurs débits de boissons, les bureaux des douanes et
de l’immigration sont de simples maisonnettes.
Nous trouvons un peu de réconfort dans l’un des deux petits restaurants de la ville tenu par un rasta très sympathique et sa fille. Ils nous servent des « roti’s » et des assiettes créoles succulentes et à bas prix. Le « roti » est une sorte de crêpe de mais fourrée d’une préparation à base de curry. Le « roti » à la langouste coûte seulement 4euros.
Le retour vers
Galinette est plus rapide que l’aller mais s’effectue sous une pluie battante.
Blottis dans l’annexe nous attendons impatiemment l’accalmie.
L’interminable plage nous retient encore pendant un jour.
Le guide touristique signalait que l’on pouvait se prendre
ici pour Robinson et c’est effectivement le sentiment qui nous revient le plus
souvent.
Cette immense plage de sable blanc nous appartient depuis 4 jours, seul voilier au mouillage à perte de vue.
Avant notre départ une vedette à plusieurs étages nous tire
de notre rêverie, à grand renfort de jet-skis et d’engins de plage.
Barbuda restera l’une des plus belles îles visitées pendant
notre voyage.
