Trajet Gibraltar - Essaouira
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Dimanche 4 novembre 2007
La matinée est mise à profit pour effectuer une
dernière visite de la ville et effectuer les dernières
courses de produits frais ou détaxés. Le passage du
détroit ne peut s'effectuer, en raison des marées et des
courants, que durant des créneaux horaires bien précis;
nous attendons donc patiemment 13h00 pour quitter la marina
peuplée de concurrents de l'ARC (transat des plaisanciers
anglo-saxons), en transit vers Gran Canaria.

Les commentaires vont bon train sur le ponton puisque tous les
candidants au départ échangent leurs dernières
informations "top secret", leurs meilleurs sites internet de
météo, leurs options de route, Flo discute avec Dominique
et José deux skippers voisins, Christophe rencontre un convoyeur
perdu de vue depuis des années, Gérard prépare
sagement le repas à bord.
Puis l'heure fatidique arrive et c'est le grand rush vers l'Atlantique.
Nous quittons la baie de Gibraltar encombrée de cargos au
mouillage, finalement aussi impressionnants que la nuit et nous nous
retrouvons, l'étrave dans le détroit ,avec un vent d'est
établi à force 5.

Afin de franchir le rail de circulation des cargos au plus vite et
avant la tombée de la nuit, nous décidons de naviguer
sud-sud-ouest sur la pointe Cirès au nord du Maroc, vent et
vagues de travers. Nous perdons de vue les autres voiliers
qui longent la côte espagnole vers Tarifa, à l'ouest, avant de
mettre cap au sud comme l'indiquent la plupart des guides de navigation.
Il y a finalement peu de cargos, la traversée se fait de
façon très rapide puisque nous sommes au Maroc vers 17h00.

Nous sommes ravis de cette option de navigation (Malgré la
grosse douche infligée par une grosse lame qui arrivait plein
travers) car la route des cargos est désormais derrière
nous.
Direction Cap Spartel, à l'ouest de Tanger, sous génois et par vent d'est assez soutenu.
Nous honorons le nouveau pays par un couscous (pas très
traditionnel il faut le reconnaître) au large des lumières
de Tanger.

Lundi 5 novembre
Le cap Spartel est doublé vers minuit, c'est également
l'heure à laquelle le vent se renforce pour dépasser
Force 6, avec son cortège de vagues plein travers...
On réduit, on se rapproche de la côte pour limiter la hauteur
des vagues et le vent tombe deux heures après. Il tombe
tellement que l'on est obligé de démarrer à
nouveau le moteur au lever du jour et pour longtemps...
Dans la journée, de gros bancs nuageux font leur apparition,
c'est assez inquiétant d'autant plus que les pêcheurs
locaux s'aventurent très loin des côtes sans
lumière et dans des barques de 6m environ.

Le radar est toujours H.S. malgré les tentatives de réparation, on ne peut se fier qu'à nos yeux.
Dans la clarté du soleil levant, Christophe distingue à
environ 15 mètres de nous une de ces barques, les pêcheurs
nous envoient de grands bonjours; nous ne les avions pas du tout vus !!!
La chaleur commence à se faire sentir, les vestes de quart sont abandonnées, les polaires quittées.
La nuit est calme mais enveloppée d'une brume à couper au
couteau. Il n'y a pas de lune, nous fonçons sur l'autoroute sans
lumière...
De nombreux dauphins viennet jouer avec la vague d'étrave, ils
arrivent à toute vitesse de nulle part, formant avec le plancton
phosphorescent une trainée semblable à celle d'une
torpille.
Mardi 6 novembre
Le jour se lève enfin et nous espérons une meilleure visibilité.
Cela ne change rien, nous sommes toujours dans la purée de pois mais nous n'avons encore rien heurté !

Le port de lunettes est également très embêtant
dans ces conditions car elles se couvrent de condensation en 2 minutes!
Il faut donc les essuyer constamment.
La grande houle de nord de l'Atlantique fait également son
apparition, pas désagréable mais très surprenante
pour les méditerranéens.
Nous planifions une escale supplémentaire car nous sommes au
moteur depuis 36h et nos réserves de gasoil commencent
à s'amenuiser.
Nous pourrions faire relâche à Casablanca mais notre
arrivée aurait lieu de nuit, les postes à carburant sont
fermés, nous préferons donc pousser jusqu'à El
Jadida ou Essaouira, plus au sud, pour arriver de jour.
Mercredi 7 novembre
Les conditions météo sont
toujours semblables à part une légère brise de sud
(dommage) qui, en se levant, arrive à dégager le ciel
dans l'après-midi.
Nous sommes entre le cap Beddouza et le cap Mazagan et l'on
aperçoit, maintenant que notre visibilité est correcte,
des centaines de barques de pêche, de chalutiers qui sillonnent
l'océan alentour.
Il y avait tant de monde dans la brume ?

Côté pêche, à bord, c'est très calme,
à part un rapala perdu et une cuillère plomblée
machouillée, il ne se passe rien.
Le moteur fonctionne toujours bien et nous estimons arriver dans la matinée du 8 novembre à Essaouira.
Jeudi 8 novembre 2007 ( note : 11 dirhams marocains = 1 euro )
Après un magnifique lever de soleil sur le cap Hadid, on voit
des fumées légères et blanchâtres s'élever
de la côte basse.

Il s'agit bien d'Essaouira, décrit sur les guides anglais comme un port de pêche traditionnel.
A 10h00 nous accostons à triple
(c.à.d. 3 voiliers sur une place) au seul ponton flottant
destiné aux voiliers au centre du port. Immmédiatement un
agent de la Sécurité intérieure nous aborde afin
de faire les formalités d'entrée dans le royaume.
Il n'y a pas de carburant dans le port (à part celui des
pêcheurs), le douanier hèle en arabe un type sur le quai
et le présente à Florent comme étant Said, celui
qui va résoudre TOUS nos problèmes, de gasoil ou autres.
L'enregistrement des identités se fait sur un vieux bureau, avec
une vieille machine à écrire, les passeports sont
tamponnés plusieurs fois et très bruyamment tout cela en
1h00 pour une escale de moins de 7h00 ...
L'agent libère Flo et le confie à Said pour la suite des formalités.
Ils se rendent ensemble à la capitainerie où, après
plusieurs courbettes, et vu la durée de l'escale, le maitre de
port décide de ne pas prélever de taxes ! ( On
s'attendait tous à des demandes, oficielles ou non, de dirhams
ou objets divers).
Ravi, Florent se dirige vers le bateau mais Said lui signale qu'il faut
encore se rendre à la gendarmerie royale pour pouvoir sortir de
l'enceinte du port.
Un heure plus tard nous sommes
en règle, après avoir soigné les migraines
très fréquentes du gendarme et de sa famille par une boite de paracétamol .

Reste à trouver du gasoil !
De retour au voilier, à 12H00, plusieurs bonnes volontés
ont déja fait des propositions à Christophe et
Gérard pour nous trouver du carburant, contre des dirhams.
Said s'empresse de les expulser, cela donne lieu à une joute
verbale apparemment assez virulente (on n'a pas compris tous les mots
!), puis notre guide nous explique qu'ils sont malhonnêtes et que
le douanier le recommande toujours à lui ...
Bref contre 150 Dirhams (après négociations), il se
chargera de prendre un taxi, nous ramener nos bidons remplis, nous
montrer la note du poste à essence et nous faire le plein. Va pour 100L
de Gasoil.
1h après, les promesses sont tenues. Il nous fait aussi
visiter le chantier naval traditionnel situé sur le port où sont
fabriqués des sardiniers fait -main en chêne, acajou et
eucalyptus.

Nous partons ensuite nous restaurer, dans la medina loin des terrasses destinées aux touristes.
L'entrée dans la vielle ville n'à rien à voir avec nos escales précédentes !
Nous trouvons un petit restau sympa où l'on goûte du coucous (vrai ce
coup-ci), du tajine et du thé à la menthe pour 60 Dh.
Il est 15h00 quand nous sortons du retaurant pour visiter la ville,
après les souks pour touristes où l'on admire de la
marquetterie, des babouches et des bijoux en argent, on s'écarte
un peu des axes principaux pour tomber dans les quartiers populaires.
Là où les européens achètent à prix
d'or des riads qui deviennent des chambres d'hôtes , les
habitants d'origine vivent dans un dénuement impressionnant.

Les touristes porteurs de devises côtoient dans les ruelles les paysans qui tentent de vendre quelques pieds de menthe.
Des rigoles d'eau croupie traversent le souk où l'on consomme des poissons frits...
Le contraste est saisissant et personne dans l'équipage de Galinette ne se sent très à l'aise.
18h00
C'est quasiment l'heure d'embarquer avant qu'il ne fasse nuit.