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20 octobre 2008 Puerto la Cruz (Vénezuela)        

C’est assez bizarre de revenir dans la marina que l’on a laissée il y à 50 jours. Nous retrouvons rapidement  nos repères et ça nous arrange bien car on compte mettre à profit cette escale à terre pour faire quelques  réparations, ravitailler, visiter l’intérieur des terres et recevoir les parents de Flo.

Nos bolivars sont, comme prévu, à l’agence de voyage (il ne nous restait plus que trente Euros en monnaie locale). Le gros problème avec le change parallèle est que nous avons toujours trop ou pas assez d’argent liquide disponible. La carte bleue est l’ultime recours d’urgence mais il est déconseillé de s’en servir en raison des fraudes nombreuses qui se pratiquent (de plus le taux de change officiel est la moitié du parallèle).

                                                                                  ARGENT

En trois jours nous repérons un soudeur qui remettra notre système de barre en état et Linda de dinghy hospital qui recollera l’annexe. Après l’école matinale, le nettoyage de Galinette occupe le reste des journées ; c’est un gros travail car cela fait longtemps que nous n’avons pas eu d’eau courante et d’électricité à volonté…

Enfin nous réservons nos places de bus pour se rendre à Mérida (partie andine du Venezuela). Cette excursion doit durer une semaine environ.

                                                                    PAGE SUR MERIDA EN PREPARATION

07 novembre 2008 Puerto la Cruz (Vénezuela)

Fatigués du trajet en bus-couchette nous retrouvons Galinette au port. La chaleur nous surprend car il y a 10 bons degrés d’écart entre Mérida et ici. Une mauvaise surprise attend aussi les enfants : la piscine de la marina est fermée pour travaux durant un mois ! C’est pour pouvoir se baigner qu’on avait choisi Bahia redonda !

Il n’y a quasiment plus que des nord-américains dans le port, la plupart des voiliers français sont repartis vers le sud des Antilles car la saison cyclonique touche à sa fin.

Le samedi soir un vent de terreur souffle sur la marina, en effet deux bateaux américains qui ont quitté la marina en fin d’après midi se sont fait attaquer par des pirates à Isla borracha, île située à 7 milles du port. Nous n’avons pas bien saisi les circonstances de l’attaque mais un américain et deux vénézuéliens sont morts et un autre américain est blessé par balle a la jambe. Apparemment le capitaine du voilier attaqué à fait feu sur les pirates et une fusillade à éclatée…

Cette insécurité commence décidément à nous miner le moral.

Le dimanche 9 novembre, après avoir récupéré les clefs le la location D’Annie et Gérard,  Elsa, Lilian et Sandra investissent l’appartement pour le décorer et retrouver un confort moderne disparu (clim, TV et satellite).

Florent est parti en taxi récupérer ses parents à Caracas, ils mangent en bordure plage à midi vers Boca de Uchire, une zone côtière assez sympa que nous n’avons pas pu explorer avec le voilier.

                                                                                  boca de uchire

Papi et mamie arrivent, les valises chargées de cadeaux, de livres en français et de provisions difficiles à trouver ici (Fromage de chèvre, saucisson, pastis…).

                                                              CADEAUX            CHEVRE

Le déballage des cadeaux occupe l’après midi, nous y trouvons même des étrennes envoyées par les grands-mères !

Durant le séjour d’Annie et Gérard nous partageons les journées entre repas en famille dans l’appartement et activités extérieures. Nous visitons ensemble les canaux de Puerto la Cruz, le marché municipal, la place bolivar, le Paséo colon (front de mer) qui fait assez bon effet en regard des rues sales du centre.

                                       MARCHE            PASEO COLON            PLAZA BOLIVAR

On revient également passer la journée au mouillage de Chimana Segunda et à la plage El faro.

                                                                                       EL FARO

Les enfants, ravis de retrouver leurs grands-parents passent le plus clair de la journée en leur compagnie dans l’appartement.

                                                                                   TERRASSE

Sandra et Florent en profitent pour s’éclipser et faire des achats dans les principaux supermarchés et licorerias de la ville. C’est très pratique de faire les courses sans enfants !

Le démontage et  remontage du secteur de barre occupent à eux seuls une journée mais la pièce est comme neuve.

                                                                                   SECTEUR DE BARRE

Il faut aussi un certain temps pour refaire le plein de gasoil et quelques négociations auprès des pompistes car ils n’ont, à priori, plus le droit de vendre du carburant aux étrangers à la suite de trafics. Finalement on obtient 100 litres pour 100 bolivars c’est à dire vingt fois le prix vénézuélien… mais le dixième du prix en france.

La piscine n’étant toujours pas réparée toute la famille s’offre un restau et une longue baignade à la marina Aqua Vi.

Alors que notre départ approche, la communauté américaine de la marina est en pleine effervescence, les équipages tentent de se regrouper en flottilles pour quitter le Venez.

                                                                                         ELECTIONS

Les élections municipales, régionales et législatives approchent aussi, elles ont lieu le dimanche 23 novembre ; il paraît qu’elles peuvent être accompagnées de troubles.

Annie et Gérard décollent le samedi 22, nous décidons de quitter le port le même jour qu’eux mais aucun voilier ne part dans notre direction, tant pis…

Après deux semaines de séjour au Venezuela la famille repart tôt le matin vers l’aéroport emportant les évaluations du CNED pour Elsa et les dessins souvenirs des enfants.

                                                                                         SOUVENIRS

Peu après (vers 9 heures) Galinette prend la mer sans autre bateau, sous le regard médusé des américains qui nous lancent des « good luck ! be safe ! ».

Sur cette note peu rassurante on part pour Cumana, une des dernières marina avant la péninsule de paria, cela nous fait faire un détour mais permet de naviguer uniquement de jour. Les seules rencontres de la journée sont des oiseaux et des dauphins, tant mieux.

Après le souper une vedette vénézuélienne accoste juste a coté de nous et nous offre une animation musicale très forte jusque tard dans la nuit pendant que tous ses passagers s’abreuvent abondamment de bière et de Chivas sur le quai.

Très tôt le dimanche matin on largue les amarres en direction de Porlamar, sur l’île de Margarita à 6O milles de là. Il faut contourner la presqu’île d’Araya et subir le courant d’est entre les îles et le continent. 

                                                                                  ARAYA

Vers 10h du matin le vent d’est se lève et nous force à tirer des bords entre les îles Coche, Cubagua et Margarita. Luttant à contre courant le voilier se traîne à 3 nœuds mais nous rallions le mouillage juste à la tombée de la nuit. Le lendemain, après avoir consulté la météo et s’être reposés nous décidons de partir vers une heure du matin vers les Testigos, plus à l’est. Ceci doit nous permettre de bénéficier de l’accalmie nocturne ou les alizés s’affaiblissent.

Ce jour là l’accalmie n’a pas lieu ! La cinquantaine de milles à parcourir est pénible, mer et vent de face on tire des bords en s’aidant du moteur et de la voile. Nos prévisions nous faisaient arriver aux Testigos en début d’après midi, l’ancre sera finalement jetée devant Playa Réal dans la nuit.

Le mercredi matin au réveil on aperçoit avec plaisir l’eau translucide et la belle plage devant la cabane de Chonchon le patriarche.

Plusieurs voiliers (dont Dune de Paimpol et le catamaran Voyage des  « Biquets ») sont à nos cotés, cela fait plusieurs jours ou semaines qu’ils attendent une « fenêtre météo » favorable pour revenir vers les antilles. Dans l’après midi, après avoir consulté les fax météo, ils nous annoncent qu’ils partiront tôt le lendemain matin en direction de grenade (environ 90 milles). Des conditions favorables semblent s’installer pour trois jours. Le soir, lors de la pétanque rituelle avec Chonchon, nous déclinons leur offre de se joindre à la flottille, nous sommes tous les quatre motivés pour se poser quelques jours dans cet archipel que l’on avait entrevu et apprécié en août.

                                                                                   petanque

Le jeudi 27 le mouillage est désert, après avoir terminé l’école on se dirige vers le mouillage le plus au sud de Testigo grande. C’est à cet endroit que l’on peut explorer une grosse dune de sable qui couvre l’île principale de part en part.

L’ascension à lieu vers 15 h 00 et est assez rapide. Au sommet de la dune le panorama sur une mer d’huile nous laisse songeur, il y a à peine 5 nœuds de vent. 

                                                                    DUNE            MER CALME

Refroidis par le trajet Margarita-Testigos on rebrousse chemin pour quitter l’île dans la soirée : ce serait dommage de rater cette opportunité de partir vers l’est par temps calme.

Tant pis nous ne connaîtrons pas plus ces îles magnifiques. Les voiles sont hissées à la tombée de la nuit, cap au 75° vers Grenade.

                                                                                   COUCHER SOLEIL

La nuit sans lune se passe calmement, seules les lumières de barques ou chalutiers sont là pour troubler notre tranquillité (toujours la crainte des pirates !).

Au lever du jour nous avons parcouru la moitié du trajet et le vent s’amplifie ainsi que le courant. Nous essayons plusieurs options de navigation : voile pure en tirant des bords, moteur seul en route directe vers grenade, Voile et moteur en tirant des bords… C’est cette dernière solution qui nous donne le résultat le moins minable. Il faut s’y résoudre, bien qu’on puisse déjà l’apercevoir, l’île de grenade ne nous accueillera que tard dans la soirée !

Les enfants sont exemplaires sur ce trajet : voyant que les conditions à l’extérieur sont défavorables, ils jouent au lego dans le carré et regardent des films sur l’ordinateur sans se plaindre.

                                                                                    FILM

Avant la tombée de la nuit un barracuda malchanceux vient se prendre à notre traîne.

Il est 22 heures lorsque nous entrons dans la baie de St Georges, capitale de Grenade. Il nous a fallut 27 heures pour couvrir les 90 milles et retrouver les antilles. Tout le monde est bien content d’avoir bouclé ce trajet vers l’est qui nous portait peine.

Bizarrement tous les bateaux ici ont leur annexe à l’eau pendant  la nuit et les hublots sont grand ouverts, en aurait-on fini avec le climat d’insécurité ?

On s’endort comme des masses, bercés par les coassements des grenouilles antillaises.

Galinette va maintenant pouvoir sillonner les eaux des grenadines jusqu’en janvier.


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