9 décembre 2008 Morpion
L’envie de nous y arrêter nous démangeait!
C’est la
carte postale incontournable des grenadines…un îlet de sable surmonté d’une
paillote et perdu dans l’océan avec son île jumelle punaise. Nous y passons
l’après midi en visitant la barrière de corail et en lézardant sur la plage. En
fait l’île n’est pas si isolée que ça puisque après trente minutes de
navigation nous rejoignons Petit Saint Vincent pour y passer la nuit. Du
mouillage on peut apercevoir les installations balnéaires et les bâtiments du
grand hôtel luxueux qui règne sur cette île privée. Au matin nous profitons de
la magnifique plage et des jardins bien entretenus. Lilian procède à une
exploration minutieuse des fonds alentours à l’aide de son sous-marin
télécommandé.
De nombreux cocos gisent sur la plage et il suffit de se baisser
pour faire des provisions.
Nous rallions ensuite les Tobago Cays, petit
archipel constitué de 5 îlots aux noms amusants :Petit bateau, Petit
rameau, Jamesby, Baradal et Petit tabac. Cette zone corallienne est protégée et
le mouillage est soumis à une taxe modique, la chasse y est interdite. Ce coin
ressemble enfin à l’image que l’on avait des grenadines : du sable blanc,
des cocotiers et de l’eau cristalline peuplée de poissons.
La majorité des voiliers de voyage rencontré nous avait mis
en garde contre la surpopulation nautique dans ce secteur.
Il n’y a finalement « que » vingt voiliers
au mouillage dont les deux tiers sont des voiliers de charter (location avec
skipper).
Nous restons quatre jours dans le mouillage principal en s’installant dans une routine agréable : école – plage - repas – nage – plage- repas – dodo. Tous les après midi deux tortues marines viennent nous rendre visite près de la plage de Baradal, plus au large Florent rencontre une raie de plus d’un mètre d’envergure. Tour à tour nous débarquons sur chaque île, notre favorite est Jamesby avec sa plage de cocotiers et son panorama éblouissant sur tout l’archipel et ses récifs.
Nous sommes ravis de ces quelques jours aux Tobago Cays, les boat boys (vendeurs ambulants en barques) ne se montrent pas trop pressants envers nous, en revanche ils se rattrapent sur les voiliers de charter dont les passagers jouent bien le jeu et trouvent ça pittoresque…
Jeudi 14 décembre, cap sur Mayreau dont la belle baie de
Salt Whistle est bien trop remplie pour
que l’on puisse s’y ancrer ; deux heures plus tard nous arrivons à
Canouan. La zone proche du village est très agitée et nous lui préférons celle
de Rameau Bay, plus excentrée, plus calme et déserte. Notre petite plage privée
recèle des trésors : des figues de barbarie dont les épines restent
plusieurs jours dans les doigts après la cueillette des fruits et des tortues.
Mais ce coup-ci, ce sont des tortues terrestres (des Morocoy ou red foot turtle),
une espèce fréquente aux grenadines.
Le repas est également ramassé sur place avec au menu :
tellines, langoustes et poissons divers.
Galinette arrive le 16 décembre à Moustique, surnommée l’île aux milliardaires. Nous nous amarrons à l’une des bouées disponibles et nous rendons à terre. Dès notre arrivée sur le ponton des annexes, un gardien nous annonce cordialement que l’île est privée et qu’il faut s’acquitter d’une taxe de 75 US$ pour pouvoir y passer la nuit mais que nous sommes également libres de repartir…Cette note nous semble plutôt salée, on décide donc de fuir ce rocher juste après une brève visite en taxi.
Le chauffeur nous
explique que l’île est gérée par la Mustique Company, une société privée qui
s’occupe de l’entretien, de la sécurité, des taxes etc. Il nous montre
également les petites villas de vacances de M.Lacoste, Mike Jagger, Bryan
Adams.
Toutes les routes sont impeccables, pas un brin d’herbe ne
dépasse des bordures, les arbres et les haies sont taillées de frais et les
villas sont pharaoniques.
Après cette immersion dans le grand luxe, Galinette redémarre en direction de l’île de Baliceau, déserte et gratuite.
Baliceau et Batowia sont les terres situées le plus à l’est des grenadines, cela nous permet le lendemain de rallier Saint Vincent à la voile ! Depuis grenade en effet le moteur tourne tous les jours car il faut lutter contre l’alizé et le courant de face. Un barracuda se laisse piéger par notre ligne de traîne, c’est peut être le dernier que l’on mangera car à partir de la Martinique et plus au nord ce carnassier est suspect de ciguatera. C’est une maladie provoquée chez le poisson par une toxine et qui peut se transmettre à l’homme lors de sa consommation.
Du 17 au 20 décembre le voilier reste amarré dans la baie de Young Island, au sud de l’île de Saint Vincent. Cette zone touristique bien abritée et exempte de boat boys est équipée de corps-morts accessibles pour 40EC$ la nuit, c’est le prix de la tranquillité.
L’anniversaire de Lilian
approche et il joue beaucoup aux pirates ces temps-ci. Afin de lui faire
plaisir, toute la famille se rend à Wallilabou, une crique située au nord-ouest
de Saint Vincent dans laquelle on peut voir les décors du Film Pirates de
Caraïbes de Disney. Le mini-bus qui nous y mène emprunte la route qui longe la
cote ouest et nous laisse entrevoir les parois rocheuses vertigineuses de cette
île volcanique. La construction ici ne semble pas très aisée…
En chemin le
chauffeur ramasse des « Grujjio » un fruit surprenant au nom
imprononçable et qu’il nous fait goûter. C’est une mini-noix de coco à l’allure
et à la consistance de châtaigne et au
goût de coco.
Les décors
de cinéma, quant à eux, nous déçoivent un
peu car
ils sont en pleine décrépitude. Joseph, notre taximan,
nous explique que le
site était géré par un américain qui
s’est récemment retiré, le décor est
à
l’abandon et seul le restaurant reste entretenu.
Lilian garde tout de même un bon souvenir de la visite et
des déguisements, l’honneur est sauf !
Il est d’ailleurs plus préoccupé par ses cadeaux d’anniversaire et son gâteau à quatre bougies.

Nous avons eu récemment des nouvelles du voilier Ile de
Jade : ils sont en Martinique et nous prévoyons de les y retrouver pour
les fêtes de fin d’année. Nous quittons donc Saint Vincent et les Grenadines
pour les anses d’Arlet.
Nous faisons une escale intermédiaire à Ste Lucie le 21
décembre dans l’anse des deux pitons ou l’on arrive de nuit, à la lueur de
notre projecteur. Le matin, nous découvrons cette crique impressionnante
occupée par une végétation luxuriante et encadrée par deux rochers majestueux,
emblèmes de Sainte Lucie.
Après notre départ, tôt le matin le vent s’oriente plus à l’est et nous permet de rallier les anses d’Arlet, en Martinique à la vitesse moyenne de 6 nœuds sous voiles. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas pu naviguer de la sorte, sans bourdonnement de moteur et en atteignant des vitesses de pointe de plus de huit nœuds, un régal.
