Du 16 au 29 mai 2009
Nous partons des Iles Vierges en fin d’après midi afin de doubler la pointe nord de Virgin Gorda avant le jour. Une riche idée car un énorme grain nous y surprend et nous rabat vers la côte, nous tirons des bords pendant une heure pour dépasser le cap et finalement le vent se stabilise à 15 nœuds d’est nord-est. Cela nous permet de filer au près serré à 6 nœuds dans une mer légèrement agitée par des vagues de 1 à 2 mètres. Notre dernière nuit en mer se passe relativement bien et nous réussissons à maintenir notre cap au 135 ; nous rallions Saba en 19 heures et sur un seul bord.
L’île de Saba est néerlandaise, c’est un imposant volcan
culminant à 900m planté au milieu de l’océan. Depuis l’aube nous la voyons au
loin mais nous mettons 7 heures pour l’atteindre. Nous essayons d’effectuer nos
formalités d’entrée dans le pays mais
on est samedi après- midi et tous les bureaux sont fermés. Le littoral
de toute l’île est classé réserve naturelle et les fonds descendent rapidement.
Plusieurs bouées sont installées par le parc national le long de la côte sous
le vent afin de faciliter l’amarrage des bateaux de passage et de plongée.
Nous nous amarrons à l’une d’elles pour la nuit, mais l’île
est très petite et la houle océanique la contourne, de fortes rafales tourbillonnantes
s’y ajoutent pour nous faire passer une nuit des plus agitées. L’ancien poste
de douane, perché en haut de son escalier taillé dans la falaise, mérite
probablement une visite mais les rouleaux sur la grève interdisent tout
débarquement.
Au vu du mouillage très inconfortable et de la météo qui annonce
des vents de sud ( défavorables ) dans deux jours nous préférons quitter Saba
sans plus attendre pour chercher un abri plus sur à Statia. Cette autre île
hollandaise n’est pas plus engageante, des dizaines de cuves de gasoil sont
exposées le long de la côte sous le vent…
Nous continuons jusqu’à St-Kitts ( ou
Saint-Christophe) qui, malgré la brume et le ciel gris, nous laisse entrevoir
sa forêt luxuriante, des cheminées en ruines et son château fort imposant
dominant la mer. On se croirait en Ecosse et on sort même le pull sous la pluie
fraîche d’un grain !
Nous ancrons Galinette devant les docks de la capitale : Basseterre. Le paysage n’est pas terrible mais c’est la zone la plus protégée du vent de sud, nous passons une nuit calme. Le lundi tout l’équipage débarque pour le rituel des formalités d’entrée : 2h30 pour 3 bureaux car le douanier est nouveau et son collègue lui détaille chaque ligne du formulaire ; les enfants trouvent le temps long…
Nous visitons ensuite la ville et ses multiples temples et églises (anglicanes, méthodistes, catholiques, etc.), puis nous prenons le frais comme les locaux à Independance square : le parc ou l’indépendance du pays à été annoncée en 1983.
Auparavant l’île était passée durant des siècles de main en main (hollandais,
britanniques et français se l’arrachaient). C’est d’ailleurs à partir de cette
île que s’est étendue la colonisation européenne des petites antilles.
Les traditions anglaises sont toujours bien ancrées, cela nous
donne l'occasion d'assister à une rencontre de criquet.
Le
lendemain, nous allons dans la baie de White House qui semble agréable mais il
n’y a pas de plage et les enfants sont très déçus, seuls de gros galets bordent
le rivage, toute cette zone est quasi déserte, peuplée de vache et de cabris.
Heureusement, Florent fait parfois du
footing le matin et découvre à l’occasion une belle plage à 2 km du mouillage.
Nous voilà partis en excursion pour la journée avec chaussures, crème solaire,
casquettes et pique-nique. Effectivement nous arrivons sur une très belle plage
ou l’eau cristalline s’échoue en petites vagues sur le sable blanc. Elsa et
Lilian s’amusent à se faire chahuter par les petits rouleaux.
Sur le chemin du retour nous apercevons des singes : ils sont une quinzaine et nous surveillent, dressés sur leurs pattes arrières. Nous tentons une approche mais ils sont bien plus rapides et alertes que nous lorsqu’il s’agit d’escalader la falaise ! Ils nous narguent à dix mètres au-dessus de nos têtes. Ces singes verts sont les descendants de ceux que les colons français avaient introduit comme animaux de compagnie au XIIeme siècle et leur nombre ne fait que croître.
Afin de visiter l’intérieur de l’île, nous
laissons Galinette au port de Basseterre et louons une voiture pendant le
week-end. L’excursion commence par la forteresse de Brimstone Hill faite de
pierre volcanique sombre et située au somment d’un ancien petit volcan. Le
panorama est magnifique et la vue porte jusqu’au îles voisines.
C’est là qu’eu
lieu le plus gros affrontement Franco-britannique pour la possession de l’île,
perchés sur les canons, les enfants revivent la bataille, Lilian et ses
« poum-poum-poum » en tête. Ce monument fort bien restauré (fait rare
aux Antilles) est classé par l’U.N.E.S.C.O.
Ensuite nous faisons un détour par le Romney manor ( une ancienne plantation) ou subsistent quelques pétroglyphes datant de l’époque des indiens caraïbes (gravures sur roches).
Le long du chemin les ruines de cheminées et de moulins en ruines témoignent du passé sucrier de St-Kitts, on aperçoit également par endroit le seul chemin de fer des antilles, conçu pour acheminer la canne.
Cette plantation restaurée est le siège aujourd’hui du Caribelle batik factory, un atelier de teinture de tissus selon un procédé nommé le Batik. Le tissu est enduit par endroit de cire et de paraffine fondue puis teint d’une couleur. L’étoffe est ensuite plongée dans un bain bouillant qui décolle la cire ; les zones enduites sont restées blanches. En répétant ces étapes plusieurs fois on peut varier les motifs et les couleurs pour un résultat du plus bel effet.
La route nous mène ensuite vers les belles plages du sud, coté atlantique. Sur l’une d’entre elles une épave de gazier sert de plongeoir aux enfants du coin, les autres sont aux mains des promoteurs et des riches investisseurs.
Jusqu’à présent nous n’avions aperçu que la population locale, vivant dans des conditions peu enviables. Les touristes étrangers bénéficient de zones très aménagées et loin de la population, le contraste est saisissant : cases au nord de l’île et parcours de golf au sud.
Les singes du sud vont d’ailleurs être délogés prochainement par un complexe immense le Christophe Harbour en cours d’aménagement. Nous rencontrons, Johnny, un petit singe d’un an qui fera, pour le plus grand bonheur d’Esa, de belles singeries, sous l’œil de son dresseur. Lilian refuse de tenir le primate car il dit y être allergique…
Avant notre départ de la capitale un évènement extraordinaire à lieu : Elsa poste fièrement sa dernière évaluation scolaire au C.N.E.D. de Toulouse, c’est le début des vacances scolaires à bord de Galinette.
Nous quittons cette île en gardant un bon souvenir d’elle,
essentiellement pour sa visite à terre car
sa découverte par la mer est un peu décevante. Nous allons maintenant visiter
Nevis : l’autre île du pays située à 2 milles.
Un immense volcan trône en
son centre mais elle nous offre également de belles plages de sable blanc ou
l’on trouve des tellines en quantité. A chaque poignée de sable nous en
ramassons 4 ou 5 ; les enfants se régalent de faire la
« cueillette ». Nous sommes amarrés pendant trois jours sur une bouée
mise à disposition par le parc en face de la ville principale de Charlestown.
La plage et la baignade sont les activités principales, Lilian sait presque
nager sans brassards et Elsa apprend à faire le crawl avec Flo.
Nous parlons beaucoup de notre retour en métropole pour essayer de donner des points de repères aux enfants.
Alors que nous buvons un coup au bar de plage en face du
bateau et que les enfants jouent sur le trampoline et le toboggan, Lilian a une
envie subite d’aller à la selle. D’une façon très naturelle, il creuse un trou dans le sable, baisse son
maillot et fait caca dans le trou sous
le regard ébahi des touristes anglais savourant leur burger de 17h30 !
Le
temps que Sandra intervienne pour amener Lilian se laver dans la mer, le chien
du restaurant nous abrège le travail en se chargeant du nettoyage. Tout le
restaurant rigole sauf nous, rouges de honte !
Il va y avoir du travail
pour se re-socialiser.
Le vendredi 29
mai, nous quittons Nevis pour la Guadeloupe
mais le vent est faible et ne nous permet pas d’effectuer la
distance en une
journée. En fin d’après-midi nous stoppons à
Montserrat, l’île volcan située à
mi-chemin. L’anse que nous découvrons au nord de
l’île est accueillante, seuls
deux voiliers sont là pour la nuit.
Plusieurs navigateurs
préfèrent éviter
cette escale en raison du volcan implanté au sud qui s’est
réveillé en
1995 ; celui-ci fume continuellement et a
dévasté l’ancienne
capitale : Plymouth en 1997. Lorsque le vent est fort et les
cendres
abondantes, les voiliers qui passent à proximité
repartent teintés de gris… Ce
samedi matin le temps est calme et nous longeons la cote à deux
milles au
large, pas de cendres, seulement une forte odeur de soufre et une
colonne de
fumée impressionnante. Les ruines sont clairement visibles
à cette distance et
donnent un spectacle de désolation.
La Guadeloupe s’approche doucement, nous y passerons notre dernier mois de croisière sabbatique…
